Shirin Heidarinezhad

Shirin Heidarinezhad, 1990
Vit et travaille à Téhéran, Paris, Arles
instagram.com/shirinheidarinezhad

Shirin Heidarinezhad est une artiste iranienne qui travaille l’estampe, le dessin et la peinture.

Formée à l’architecture, elle se tourne ensuite vers le dessin et la peinture qu’elle étudie à l’Université de Téhéran dont elle sort diplômée en 2021. Au pinceau et à l’encre offset d’un noir intense et profond, elle compose de vastes toiles pouvant atteindre plus de dix mètres de long. Elle explore également les procédé de gravure en mezzo-tinto et d’estampe en monotype.

La lumière joue dans son travail un rôle narratif. Parfois, celle-ci est presque totalement absente, laissant la masse noire envahir et figer l’image en instaurant une atmosphère de suspens et de pesanteur. Parfois, une lueur parmi les ténèbres invite à l’attente d’une apparition parmi l’absence. Ces paysages flottent dans le silence et l’obscurité, comme si le temps s’y était arrêté. Ils nous ramènent à l’essence même d’espaces nés d’une forme de solitude face au silence.

Le contraste intense, la texture rugueuse, l’étendue du noir, ne façonnent pas seulement la forme visuelle : elles évoquent aussi un sentiment d’usure et donnent à ces paysages une qualité cinématographique. Le travail de Shirin repose sur une tension : celle de l’organique (touches et gestuelles du pinceau, végétation foisonnante) qui envahit et dissout des structures concrètes et géométriques (édifices architecturaux, urbanismes, ingénierie civile, ponts, grillages…). Ni tout à fait objectives ni tout à fait abstraites, ces structures à demi visibles enfermées dans un vide spatial deviennent les métaphores de lieux inscrits dans notre mémoire collective. La frontière entre familier et étrange se mêlent. La figure humaine s’efface, il n’en reste que l’empreinte. L’artiste ne représente pas des lieux : elle décrit leur mémoire et tente d’en saisir la sensation.